2ème phase de restauration de l'église Saint-Jacques de Muret
Les travaux de restauration se sont poursuivis tout au long des années 2008 et 2009. Rappelons que ces travaux conduits par l'Architecte en Chef des Monuments Historiques Bernard Voinchet ont été approuvés le 20 juin 2008 par délibération du conseil municipal de la Ville de Muret, qui bénéficie d'une subvention du conseil général de la Haute-Garonne.
Cette seconde phase se divisait en plusieurs lots, correspondant pour 2008 à l'avant chœur et pour 2009 au chœur et à la première travée de la nef : le lot maçonnerie attribué à la Société Chevrin Géli, le lot peinture à l'atelier d'Autan, et le lot menuiserie à l'entreprise Malbrel. La première phase de travaux a permis :
- d’étancher les trois fenêtres du chœur,
- de consolider les maçonneries,
- de mettre au point le parti de restauration du décor peint intérieur (sur les pans et les voûtes du chœur).
Cette dernière intervention a également permis de s’assurer de l’existence des couches picturales sous-jacentes qui avaient été repérées en cours d’étude sous celle qui a recouvert l’ensemble des murs dans les années 1960. En réalité, le chœur avait auparavant fait l’objet de deux interventions. La première au tout début du XIXème siècle (1808-1814), c’est-à-dire lors de la réalisation du grand décor du chœur.Il s’agit de faux marbres de belle qualité et de peintures assez simples notamment sur les voûtes. La deuxième est due aux frères Pédoya en 1835 qui ont traité l’ensemble des voûtes avec un décor qu’ils utilisaient alors dans toute la région : rinceaux, nervures très colorées, etc. Ce décor a été recouvert à son tour vraisemblablement lorsque la nef a reçu sa voûte en bois et que l’intérieur de l’église a été entièrement repeint par Engalières vers 1868. Il a été possible de mettre partiellement au jour ces décors, mais ce travail a été extrêmement long, délicat, avec disparition de surface picturale très significative. Cela vient du fait que la "restauration" des années 60 a été réalisée avec une peinture "à l’huile" qui a profondément pénétré les couches précédentes. Toutefois, les dégagements ont permis d’adopter le parti de restauration qu’il est proposé de reconduire pour les phases à venir.
Propositions pour les phases à venir :
Pour les deux registres inférieurs du chœur et de la nef (jusqu’aux départs des voûtes), les travaux ont compris :
-restitution du décor faux marbre du début XIXème conformément aux éléments retrouvés (Grand Campan, marbre de Caunes, etc.)
- camaïeu gris plus ou moins soutenu pour les éléments d’encadrement, les corniches
-restauration et restitution (très partielle) des rehauts dorés sur la modénature (corniches, modillons, feuillage, etc.)
-élimination des "accents" rouges effectués récemment sur les chapiteaux et autres éléments sculptés.
Pour les murs enduits sous formerets (chœur et nef) :
- suppression de la couleur rosée actuelle ; remplacement par un gris clair, en continuité avec l’un de ceux du camaïeu défini pour les registres inférieurs,
- réalisation de filets en périphérie de la surface pour "tenir" les parois afin qu’elles ne flottent pas ; filets également pour les mêmes raisons dans les ébrasements des fenêtres.
Pour les voûtes :
- Il faut rappeler que la voûte du chœur est en maçonnerie, alors que la voûte de la nef est en plâtre sur lattis cloué sur une structure en charpente.
- Sur les trois voûtains du chœur, le ciel bleu très foncé, étoilé sera éliminé au profit d’un fond clair de valeurs similaires à celui du décor de Pédoya avec filets périphériques reprenant la grammaire des arcs. En revanche, le décor des clés de voûtes, des nervures qui y aboutissent sera conservé ; en parallèle, sont prévus le nettoyage et l’harmonisation des linéaires inférieurs des arcs. Le travail à réaliser est donc similaire à celui déjà effectué.
- Les voûtes plâtre seront traitées de façon identique à celle du chœur.
- Au préalable, il conviendra de réaliser quelques travaux de gros œuvre à savoir : reprise de l’arc doubleau du chœur avec doublage par l’intrados et solidarisation avec tiges métalliques forées et fixées à la résine, reprise d’enduit, etc.
Ces travaux ont permis notamment de retrouver la splendeur du décor initial du chœur de l'église Saint Jacques, fleuron du patrimoine muretain