9 octobre 1890
Et Clément Ader inventa l'avion...
Fils unique de François Ader, maître menuisier, Clément Ader naquit à Muret le 2 avril 1841. Le jeune garçon à l'esprit très éveillé s'intéressa de bonne heure à l'observation du vol des oiseaux. L'anecdote de Fabas est connue. Prolongeant ses manches par des bâtons auxquels il attacha de la lustrine, Clément Ader s'élança de cette colline située entre Louge et Garonne et fut soulevé de quelques mètres par le vent d'Autan.
Titulaire à 16 ans d'un baccalauréat ès sciences, Clément Ader fit ses études à l'Institut Assiot de Toulouse, équivalence des Arts et Métiers, d'où il sortit avec un diplôme d'ingénieur en 1860. De 1862 à 1866, employé à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi de la France, il déposa ses premiers brevets : appareils à relever les rails et système de rails amovibles (1866) et surtout " véloce caoutchouc" (1868).
A partir de 1873, ses travaux sur l'aviation s'intensifièrent. Par le biais de maquettes, de plans et de dessins, il tenta de résoudre de nombreux problèmes : charge alaire, puissance et légèreté du moteur, efficacité de l'hélice, etc. Grâce à ses brevets d'amélioration du téléphone et à son invention du théâtrophone en 1881, Clément Ader acquit une fortune confortable qui lui permit de concrétiser ses projets.
En 1885, il arrêta ses choix pour le premier appareil motorisé, l'EOLE. Une fois cet appareil achevé et les essais accomplis, il déposa le 19 avril 1890 un brevet pour "un appareil ailé pour la navigation aérienne dit AVION" et quelques mois plus tard, le 9 octobre 1890, dans le parc du château de Gretz-Armainvilliers, il effectua à bord de l'Eole un vol de 50 mètres à quelques décimètres de hauteur. Ce fût un événement considérable. Tout en maintenant le secret, il poursuivit ses expériences en améliorant la chaudière et la puissance du moteur. Parallelement, il obtint l'appui de l'Armée, et la signature définitive d'un contrat le 3 février 1892. En attendant, il prépara l'Avion 2, projet qui ne fût jamais achevé techniquement et dont le coût s'avéra trop élevé. Rapidement les problèmes avec les militaires survinrent. En effet, ceux-ci diminuèrent considérablement les crédits à partir de 1894.
Ader finança donc seul l'Avion 3, achevé en juillet 1897. Après de multiples retards, il effectua ses essais les 12 et 14 octobre 1897 à Satory. Voulant prouver aux militaires présents l'efficacité de son invention, et alors que la nuit tombait, il amorça un décollage, sans prévenir personne et sans aucune notion de pilotage, mais une bourrasque de vent dévia l'appareil et celui ci, normalement prévu pour temps calme, fut inévitablement accidenté. Il n'en demeure pas moins que l'Avion 3 a volé sur une distance de 300 mètres.
Fort du rapport du général Mensier, l'armée supprima définitivement ses crédits et releva l'inventeur de tout secret le 20 mai 1898. La rupture était désormais consommée.
Ne pouvant trouver de financements privés, Ader renonça alors à poursuivre ses travaux sur l'aviation en 1902.
A partir de 1905, il se retira à Muret, notamment dans sa maison de Labourdette, et dans son château de Ribonnet qu'il avait acquis dés 1890, et aspira désormais à une paisible retraite. Celle ci fut interrompue en septembre 1906 lorsque la presse qualifia Santos Dumont de " premier homme qui ait volé". Clément Ader prit alors conscience du fait que sous couvert du secret, le public ne connaissait rien de ses expériences. Il décida donc de publier un premier livre en 1907 intitulé, " la première étape de l'aviation militaire", où il racontait ses travaux et ses vols avec l'Eole et l'Avion 3. Puis en 1909 dans "l'aviation militaire", il développa ses théories prophétiques sur l'emploi de l'aviation en cas de guerre qui se vérifièrent au cours du conflit de 1914/1918.
La valeur de Clément Ader, reconnue tardivement, lui vaudra la croix de commandeur de la Légion d'honneur en 1922.
Clément Ader s'éteignit à Toulouse le 3 mai 1925 à l'âge de 84 ans et fut inhumé à Muret.